SALLINGER

De Bernard-Marie Koltès

Conception et mise en scène Mathilde Waeber

Création le 26.04.22

Théâtre National de Strasbourg, Espace Grüber

https://www.tns.fr/Sallinger

New York, 1964. Un jeune homme américain - Le Rouquin - revient de la Guerre de Corée. Appelé une nouvelle fois pour la Guerre du Vietnam, il se suicide, actant ainsi son refus intime et politique d’être mobilisé. Coincé pour un temps entre le monde des vivants et celui des morts, sa présence va alors hanter ses proches, qui vont se disputer sa mémoire. En n’étant plus vivant, le Rouquin s’entoure de survivants : Carole survit à la perte d’un mari, Al et Ma à celle d’un fils, Leslie et Anna à celle d’un frère.

La dimension essentielle sur laquelle j’ai construit tous les principes du projet est la question du choc lié à la disparition. Maurice Godelier, anthropologue, dans La Mort et ses au-delà, dit à propos de ce moment si particulier : « La mort d'un proche engage une brisure cosmique : elle ouvre une brèche dans les univers ordinairement compartimentés entre les vivants et les morts.»

La violence extérieure est le point de départ du suicide. Elle vient perforer l’intime avec une extrême brutalité. Comment les personnages vont-ils réagir à cela ? De quelle manière le deuil nous transforme-t-il ? Comment le traversons-nous intérieurement et extérieurement ? La manière que j’ai choisie pour traverser ces questions-là est intrinsèquement liée à l’espace. Je suis partie à la recherche d’espaces portant des spécificités particulières : l’intime, la fuite, la famille, le recueillement. Quatre endroits distincts, quatre coexistences dans un même organisme. Lieux permettant une recherche artistique à la lisière entre jeu, performance, installation. Lieux de rituels, de déploiement de la tristesse. Lieux de passage, de métamorphose. Lieux interdits, champs de bataille. Espaces de convocation qui, au fil des tableaux, évolueront pour ne faire plus qu’un seul territoire métamorphosé par le même évènement.

GÉNÉRIQUE

Dramaturgie Julien Vella

Avec Juliette Bialek, Yanis Bouferrache, Gabriel Dahmani, Jade Emmanuel, Felipe Fonseca Nobre, Lucie Rouxel

Scénographie Loïse Beauseigneur

Création costumes Sarah Barzic

Régie générale / création vidéo Simon Anquetil

Création lumière Manon Poirier

Création son Léa Bonhomme

Création sculpture Denis Engelmann

Photographies Jean-Louis Fernandez

Précédent
Précédent

LA TAÏGA COURT - IMAGE(S) DE TERRE