TOPOS

INSTALLATION ET PERFORMANCE AVEC LES HABITANT·ES INSULAIRES DE MILOS

Carte blanche réalisée par Mathilde Waeber dans le cadre du festival international d’art et théâtre de Milos, Grèce

Mai-Juin 2022

Cette carte blanche naît avec l’invitation du Festival international de Théâtre de Milos.

Caméra / micro / carnet. Pour un temps, devenir nomade. Creuser l’autre avec comme point de départ un espace essentiel. La base est là: l’intime et le lieu. Le projet se construit ainsi : dix jours de tournage, dix jours de montage. Je rencontre un par un cinq habitant-es de l’île. Ils, elles sont choisi-es pour ouvrir à la plus grande diversité sociologique possible, le seul critère étant de vivre à l’année sur l’île. La première rencontre avec cet être se crée par son territoire: je lui demande de m’emmener sur son lieu de l’île. Un lieu de haute importance intime. Nous partons et, caméra à l’épaule, j’écoute la personne me raconter son lien à cet espace.

09.05.2022. J’arrive à Milos à la fin de ma première mise en scène, S.

La Taïga Court - Image(s) de Terre, ma deuxième création, débutera fin juin 2022.

Ce projet se situe à la jonction d’une petite mort et d’une nouvelle naissance.

11.05.2022. Les rencontres avec les habitant-es et leurs lieux me bouleversent à un endroit inattendu.

L’intime ne passe pas par leur parole.

Il se transmet par les silences, les moments échangés hors caméra, les peaux s’inscrivant dans le paysage, les yeux redécouvrant la puissance de leur île.

Après dix jours de tournage-voyage, j’éprouve la nécessité d’écrire aux lieux traversés, aux gens rencontrés.

Une forme de correspondance-paysage. Une résonnance entre elles/eux, les lieux et mon paysage intérieur. Une confidence.

Pendant l’écriture de ces lettres, je monte un objet vidéo inscrivant les personnes dans l’espace choisi.

31.05.22. Je marche cinq heures sur l’île, seule. Je dépose les lettres dans cinq lieux secrets.

01.06.22. Le lien entre ce livret et l’objet vidéo se crée dans le théâtre antique où nous avons lu les lettres, D. en grec et moi en français, devant l’écran.

Je me pose la question des formats. Penser plusieurs petits objets -autour d’un même projet- pouvant exister séparément.

Je suis le lien vivant devant les spectateur-ices réuni-es.

Ou alors, il est également possible de concevoir ces objets sous forme d’installation.

Ou de les découvrir en silence chez soi.

Merci à Mina / Manousos / Katerina / Samantha / Ergina / Andreas pour leurs partages.

Merci D. pour ta fougue.

Je rentre de Milos remplie de matière pour La Taïga Court.

Je rentre de Milos convaincue qu’expérimenter le vide est nécessaire.

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Vos silences murmurent encore sous mes paupières.

Je me suis demandée de quelles manières un lieu, choisit par un·e habitant·e de l’île pouvait entrer en résonance avec mon propre paysage intérieur. Comment, par le lieu, je pouvais à la fois accéder au territoires, à l’habitant·e et dialoguer avec cela. Cet objet vidéo est une correspondance, que je nommerai archive-paysage.